Les artistes, les musiciens et Internet

Le Pew Internet and American Life Project a mené une enquête auprès des artistes, des musiciens et du grand public afin de réunir de l'information sur leurs perceptions de l'utilisation d'Internet par rapport aux activités artistiques et à la propriété intellectuelle. Les chercheurs ont réalisé trois enquêtes distinctes : une enquête nationale par téléphone auprès d'un échantillon représentatif de 809 Américains se déclarant artiste choisis au hasard (avec ventilation selon la rémunération ou non); une enquête en ligne non aléatoire auprès de 2755 musiciens (interprètes, auteurs et compositeurs compris); et une enquête nationale par téléphone auprès d'un échantillon représentatif de 2013 Américains non artistes, choisis au hasard.

Les artistes rémunérés ayant participé à l'enquête téléphonique utilisent le réseau Internet tous les jours surtout pour commander leurs fournitures ou gérer leurs engagements. D'après l'enquête, la vaste majorité de ceux ci s'inspirent de « médias empruntés à la bibliothèque ou achetés en magasin, tels les livres, la musique, les photographies ou les images » (88 %) et « de spectacles, de visites de musées ou de galeries » (84 %). En revanche, une faible majorité seulement cherche l'inspiration « en naviguant dans Internet » (54 %).

Selon l'enquête en ligne menée auprès des musiciens, plus du tiers des musiciens (37 %) indiquent que le téléchargement gratuit n'a nullement affecté leur carrière alors que 35 % des répondants affirment qu'il a eu un effet bénéfique. Seulement 5 % des musiciens ayant participé à l'enquête en ligne estiment qu'il a nui directement à leur carrière. D'autres signalent dans une proportion semblable (8 %) que le téléchargement a eu un impact à la fois positif et négatif sur leur carrière. (Les 15 % restants ne savent pas.)

Plus de la moitié des musiciens (56 %) emploient surtout le réseau Internet pour communiquer avec leurs parents et amis. Ils sont assez nombreux à déclarer que celui ci a eu un impact énorme sur l'efficacité de la gestion des engagements (42 %). En général, les musiciens ayant participé au sondage ont davantage recours aux outils technologiques que d'autres artistes, ce qui ne doit pas étonner, l'enquête ayant été réalisée en ligne.

Bon nombre des litiges inspirés par la loi américaine sur les droits d'auteur sont fondés sur ce que la loi définit comme une « utilisation équitable ». Par le passé, cet article de la loi a permis de reproduire gratuitement les œuvres pour la réalisation d'études ou de reportages. Chaque enquête a présenté entre huit et dix activités aux répondants des groupes visés (artistes, musiciens, grand public) qui devaient indiquer la légalité ou non des activités proposée. Ils pouvaient également répondre « Je ne sais pas. ».

Selon la vaste majorité des répondants dans les trois groupes, les trois activités suivantes devraient être légales : l'enregistrement d'un film ou d'une émission de télévision sur bande VHS pour le visionnement ultérieur à domicile; la photocopie d'extraits de livres ou d'articles à des fins personnelles; et la copie sur un ordinateur personnel de musique sur CD acheté en magasin. Par ailleurs, d'après une forte majorité d'artistes et de musiciens, l'usage en ligne d'extraits d'un récit ou d'un article dans le but de formuler une critique ou des commentaires devrait être légal. (Cette question n'a pas été posée au grand public.)

Une grande majorité des répondants dans les trois groupes signalent que la reproduction de musique, de films ou d'émissions de télévision à des fins commerciales devrait être illégale.

Aucun consensus n'a été établi parmi les artistes, les musiciens et le grand public quant à la légalité de la gravure de musique ou de films sur CD pour un ami. Le sondage auprès d'un échantillon représentatif d'artistes n'a révélé aucun consensus clair concernant la légalité d'une copie numérique de musique acheminée par Internet à une connaissance ou de la copie d'un programme informatisé à des fins personnelles. (Ces deux dernières questions n'ont pas été posées au grand public.)

En matière de partage de fichiers, 52 % des artistes affirment que l'échange de fichiers de musique ou de films à partir d'un ordinateur personnel au moyen d'un réseau de partage de fichiers devrait être illégal. Trente sept pour cent des répondants indiquent que le partage de fichiers devrait être légal tandis que 12 % des répondants ne savaient pas ou ont refusé de répondre à cette question. Ces proportions se rapprochent beaucoup de celles de la question sur le téléchargement de musique ou de films appartenant à des tiers à partir de réseaux de partage de fichiers.

Summary: 
Le Pew Internet and American Life Project a mené une enquête auprès des artistes, des musiciens et du grand public afin de réunir de l'information sur leurs perceptions de l'utilisation d'Internet par rapport aux activités artistiques et à la propriété intellectuelle.
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