Les écrivains québécois : un aperçu statistique

Optique culture, no 3

Ce rapport succinct décrit la situation des quelque 1 510 écrivains du Québec selon une enquête auprès des écrivains qui figurent sur les listes de membres ou de postulants des associations d'écrivains professionnels, du Conseil des arts et des lettres du Québec et de la Société québécoise de gestion collective des droits de reproduction, COPIBEC. Le rapport constate que le revenu personnel médian des écrivains québécois est de 39 400 $, mais que leur revenu médian tiré de la création littéraire n'est que d'environ 2 500 $. En moyenne, les écrivains québécois consacrent 43 % de leur temps de travail à la création littéraire.

En général, les écrivains qui consacrent plus de temps à l'écriture qu'à d'autres activités professionnelles ont un revenu personnel inférieur. De fait, le revenu personnel médian de ceux qui consacrent plus de deux tiers de leur temps de travail à l'écriture est de 27 800 $, tandis qu'il approche de 50 000 $ pour les écrivains qui consacrent moins d'un tiers de leur temps de travail à l'écriture.

Se basant sur le revenu tiré du travail de création ainsi que sur des caractéristiques sociodémographiques et professionnelles des écrivains, le rapport propose une typologie de la profession reposant sur six profils d'écrivains :

1. L'écrivain « en début de carrière », type qui regroupe 14 % de tous les écrivains québécois, publie au moins un livre par année mais son activité littéraire génère moins de 5 000 $ par année. Il y a plus de femmes que d'hommes dans ce groupe et c'est le groupe le plus jeune (moins de 44 ans).

2. L'écrivain à « double vie » tire la plus grande part de ses revenus d'un travail autre que ses créations littéraires. C'est le groupe le plus nombreux (comptant environ 35 % des écrivains) et celui ayant le revenu personnel le plus élevé (supérieur à 60 000 $). Publiant environ un livre tous les deux ans, les écrivains à double vie ont des revenus de création littéraire inférieurs à 5 000 $ par année.

3. Le groupe d'écrivains « littéraires » est le deuxième groupe le plus nombreux, réunissant 27 % de tous les écrivains québécois. Ces écrivains ont fait des études supérieures (étant souvent titulaires d'une maîtrise ou d'un doctorat en lettres) et ils consacrent tout leur temps à l'écriture. Ils sont le plus souvent âgés de 65 ans et plus et majoritairement des femmes. Leur revenu de création littéraire est supérieur à 20 000 $ mais leur revenu total est inférieur à 30 000 $.

4. Les écrivains « de vocation » sont des écrivains presqu'à temps plein dont le revenu de création est peu élevé. Regroupant 12 % de tous les écrivains, ils ont tendance à tirer plus de 20 000 $ par année de leur travail de création, mais leur revenu personnel total est inférieur à 30 000 $.

5. Les « écrivains de deuxième carrière » représentent environ 9 % de tous les écrivains. Ce groupe est plus âgé et comprend plus d'hommes que de femmes. Ces écrivains tirent leurs revenus du régime de retraite de leurs ex-employeurs et ont une carrière littéraire de plus de 15 ans. En moyenne, ils publient un livre ou moins aux trois ans.

6. Les « auteurs à succès » ne regroupent que 4 % de tous les écrivains. Ils ont un revenu artistique élevé en tant que pourcentage de leur revenu total. Leurs revenus proviennent souvent des droits d'auteur, de traduction et d'adaptation cinématographique ainsi que de diverses activités liées aux lettres. Ces écrivains consacrent environ deux tiers de leur temps de travail à l'écriture et publient au moins un livre par année, en moyenne.

Summary: 

Ce rapport succinct décrit la situation des quelque 1 510 écrivains du Québec selon une enquête auprès des écrivains. Le rapport constate que le revenu personnel médian des écrivains québécois est de 39 400 $, mais que leur revenu médian tiré de la création littéraire n'est que d'environ 2 500 $. En moyenne, les écrivains québécois consacrent 43 % de leur temps de travail à la création littéraire.

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