Le travail des artistes au Québec est-il payé à sa juste valeur ?

Se fondant sur une enquête auprès de 407 artistes audiovisuels francophones membres de six associations du Québec, ce rapport cherche à savoir si « la précarité s’est normalisée comme condition de travail dans ce secteur de l’industrie [culturelle] ». Comme les 407 répondants n’ont pas été choisis de façon aléatoire, il est difficile de déterminer dans quelle mesure cet échantillon est représentatif de l’ensemble des artistes audiovisuels du Québec.

Avec plus de 90 % des artistes audiovisuels travaillant à contrat pour des projets, l’enquête constate que les conditions de travail dans le secteur audiovisuel comprennent le cumul des emplois, la précarité des emplois, une « course aux contrats », des conditions de « travail atypique » et beaucoup de « travail invisible ».

En moyenne, les artistes audiovisuels :

  • ont travaillé sur 6,75 projets au cours d’une période de deux ans.
  • ont travaillé 29 heures par semaine sur des projets audiovisuels.
  • ont eu des périodes importantes d’inactivité alternant avec des périodes d’activité intenses.
  • ont travaillé sur 4,3 projets avortés (et n’ont pas été rémunérés pour une moyenne de 7 heures par semaine consacrées à ces projets).

Contrairement à beaucoup d’autres secteurs professionnels, les artistes assument eux-mêmes les risques entourant les projets qui ne se réalisent pas. En tout, 10 % des projets obligent les artistes à reporter leurs honoraires jusqu’à ce que le projet se soit réalisé et qu’il génère des revenus. L’investissement personnel moyen dans les projets avortés s’élève à 2 048 $.

L’enquête a également constaté que 65 % des artistes audiovisuels avaient des sources de revenus autres que les projets audiovisuels, y compris 27 % d’entre eux qui avaient un emploi sans lien avec leur pratique artistique. Le revenu global des artistes audiovisuels est en moyenne de 43 500 $ alors que celui de l’ensemble de la population active du Québec est de 41 200 $. Toutefois, de nombreux artistes audiovisuels ont un revenu inférieur. Le revenu médian des artistes audiovisuels (30 000 $) est inférieur au revenu médian des autres Québécois (37 400 $).

Tirant les conclusions de ces données, le rapport confirme que la précarité est bel et bien la norme pour les artistes audiovisuels.

Summary: 

Se fondant sur une enquête auprès de 407 artistes audiovisuels francophones membres de six associations du Québec, ce rapport cherche à savoir si « la précarité s’est normalisée comme condition de travail dans ce secteur de l’industrie [culturelle] ».