L’art d’avoir une bonne santé mentale

Une étude pour quantifier la relation entre la participation récréative aux arts et le bien-être mental dans la population générale (The art of being mentally healthy)

Cet article observe qu’en « reconnaissance de l’intérêt suscité par l’expression de soi, la créativité, le plaisir et l’inclusion sociale, de plus en plus de professionnels de la santé, de chercheurs, de cliniciens, de décideurs et de membres de la communauté voient dans l’art un moyen d’améliorer la santé de la population et le bien-être intellectuel ». En se fondant sur une enquête auprès de 702 adultes d’Australie-Occidentale, l’article démontre que les gens qui ont un engagement marqué envers les arts (c’est-à-dire, qui leur consacrent au moins 100 heures par année) affirment avoir une meilleure santé mentale que les gens qui ont des activités artistiques moins souvent ou qui n’en ont pas, même après que l’on tienne compte des autres facteurs potentiels de la santé mentale.

L’enquête a constaté que 83 % des adultes de l’Australie-Occidentale avaient participé à une activité artistique d’au moins une de 14 façons, y compris par l’assistance à une activité (six questions), par la création artistique ou la participation à une activité (cinq questions), par des cours d’art, du travail ou du bénévolat de nature artistique ou par une adhésion relative aux arts (une question chaque). Les femmes, les jeunes et les personnes ayant fait beaucoup d’études avaient plus tendance à s’intéresser aux arts. Les répondants devaient indiquer le nombre d’heures consacrées habituellement à ces activités. Les totaux sont donnés sur une base annuelle. En moyenne, les répondants consacrent 101 heures aux arts par année.

Plus précisément, 78 % ont assisté à au moins une de six activités artistiques (en moyenne, un total de 16 heures sur un an), 48 % avaient créé de l’art ou participé à une activité de création artistique (en moyenne, un total de 63 heures au cours de l’année), 11 % avaient suivi un apprentissage de nature artistique (en moyenne, pendant cinq heures par année), 11 % avaient travaillé ou fait du bénévolat dans le domaine des arts (une moyenne de neuf heures au cours de l’année), et 10 % avaient été impliqués en tant que « membre d’une société, d’un club ou d’un organisme artistique » (en moyenne, pendant sept heures par année).

Les répondants ont été regroupés en quatre cohortes de gens affirmant n’avoir aucune activité artistique (0 heure par année; 17 % des répondants), un engagement faible (moins de 23 heures par année; 33 % des répondants), un engagement moyen (de 23 à 99,9 heures par année; 24 % des répondants) et un engagement marqué (100 heures ou plus par année; 26 % des répondants).

Si on les compare aux autres groupes, les gens qui affirment avoir un engagement marqué pour les arts avaient des scores plus élevés sur 13 de 14 indicateurs de santé mentale, avec des scores particulièrement élevés « en ce qui concerne l’optimisme, un intérêt pour les autres, penser clairement, se sentir aimé, être intéressé dans les nouvelles choses et être de bonne humeur ». (Il n’y avait pas de différence significative dans les scores de santé mentale chez les gens déclarant n'avoir aucun intérêt ou un engagement faible ou moyen.)

Compte tenu des résultats de l’enquête, l’article indique que « 100 heures ou plus par année (soit, au moins deux heures par semaine) de participation aux arts pourraient avoir le potentiel d’améliorer le bien-être mental de la population ». Les auteurs observent que cette constatation correspond à certaines recommandations sur le bénévolat et l’activité physique (soit un minimum de deux heures par semaine, ou environ 100 heures par année).

Quelles sont les limites de cette étude ? Elle ne concerne que les résidents de l’Australie-Occidentale qui ont un téléphone terrestre, et elle établit un lien fondé sur des observations et non une conclusion de causalité. Les auteurs suggèrent qu’une recherche future pourrait s’intéresser aux « facteurs favorables et obstacles [potentiels] de la relation entre les arts et la santé mentale », ainsi que les différences entre les formes d’art et les modes de participation aux arts (assistance à une activité artistique, création, apprentissage des arts, travail ou bénévolat pour un organisme artistique et adhésion à un organisme artistique).

Les auteurs concluent que « les arts peuvent avoir une contribution unique à faire à la santé de la population » en tant qu’élément de « solutions holistiques qui fournissent aux membres de la population un savoir, le choix et la capacité d’atteindre des niveaux supérieurs de mieux-être et de soins personnels ».

Summary: 

En se fondant sur une enquête auprès de 702 adultes d’Australie-Occidentale, cet article démontre que les gens qui ont un engagement marqué envers les arts (c’est-à-dire, qui leur consacrent au moins 100 heures par année) affirment avoir une meilleure santé mentale que les gens qui ont des activités artistiques moins souvent ou qui n’en ont pas, même après que l’on tienne compte des autres facteurs potentiels de la santé mentale.