Définir la participation aux arts et à la culture

Compte rendu du symposium Measuring Cultural Engagement amid Confounding Variables

Le symposium a fait le point sur des questions particulièrement épineuses telles que « Quand on parle “des arts”, on parle de quoi au juste ? » et « Qu’est-ce qu’on estime être une activité culturelle ? ». Dès le départ, on a mis en doute les analyses fondées sur les enquêtes actuelles, car celles-ci accorderaient trop d’importance à certains types de participation aux arts (comme les formes artistiques subventionnées) au détriment des « arts informels » à participation quotidienne (c’est-à-dire, les passe-temps qui ne correspondent pas aux activités artistiques traditionnelles). Un participant a observé que le mouvement Fais-le toi-même (participation collective à la création d’objets d’artisanat et autres) se répand de plus en plus.

Dans de nombreux pays, les enquêtes cherchent à mesurer de nouveaux types de participation culturelle ou de facteurs d’engagement. Ainsi, l’Étude sur l’engagement dans les arts en Ontario a mesuré « l’assistance à des activités artistiques et les activités participatives ou personnelles ». Certains participants ont demandé si le désir de masquer la baisse des taux de participation dans de nombreuses formes artistiques traditionnelles aux États-Unis était à l’origine de cet élargissement de la notion de participation. Toutefois, on constate ailleurs (notamment au Canada, au Royaume-Uni et en Australie) une augmentation des taux de participation à de nombreuses formes artistiques, ce qui n’empêche pas que l’on assiste aussi à un élargissement du champ de mesure de l’engagement du public dans les arts et la culture. D’autres se sont demandé si les milieux des arts accepteraient cet élargissement de la définition des arts et s’ils contesteraient la présence de certains groupes lorsqu’il serait question d’intérêt public et de subventions.

Le symposium s’est intéressé aux complexités de la participation culturelle dans un univers numérique. Les technologies évoluent rapidement et l’engagement dans les arts suit cette évolution de près (livres numériques, consommation en ligne, diffusion en continu de musique et de films, collaborations créatives à distance, etc.). Certaines formes et certains genres artistiques évoluent rapidement et la composition démographique des régions et des pays est en pleine mutation, entraînant dans sa foulée une modification de la participation culturelle. Des participants se sont demandé si la formulation actuelle des sondages sur la participation culturelle était adéquate pour décrypter ces évolutions.

Les lieux et les espaces ont aussi leur importance dans la participation culturelle. La participation culturelle de beaucoup de gens a lieu dans un espace privé (en non pas dans un lieu public). On s’est demandé si les enquêtes sur la participation réussissent à saisir adéquatement les activités dans les lieux et les espaces que l’on n’associe pas traditionnellement aux arts.

La réalité complexe de la participation culturelle est difficile à mesurer, comme en témoigne cet échantillon de questions posées par des intervenants au cours du symposium : Que faut-il réellement mesurer ? Que fera-t-on de ces renseignements ? Qui doit collecter cette information ? Est-ce que la diversification de la participation culturelle (et de l’engagement) exige le recours à des outils de mesure différents ?

Summary: 

Le symposium a fait le point sur des questions particulièrement épineuses telles que « Quand on parle “des arts”, on parle de quoi au juste ? » et « Qu’est-ce qu’on estime être une activité culturelle ? ». Dans de nombreux pays, les enquêtes cherchent à mesurer de nouveaux types de participation culturelle ou de facteurs d’engagement. Le symposium s’est intéressé aux complexités de la participation culturelle dans un univers numérique.Les lieux et les espaces ont aussi leur importance dans la participation culturelle. La réalité complexe de la participation culturelle est difficile à mesurer.